Cet article analyse la production du travail domestique non rémunéré selon le genre au Togo en utilisant les données de l'Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM) de 2018 et 2021. L'étude s'appuie sur la méthodologie des Comptes Nationaux de Transferts de Temps (NTTA) pour quantifier et comparer la répartition du temps entre hommes et femmes dans les activités domestiques et de soins.
Les résultats révèlent des disparités importantes : les femmes consacrent en moyenne 17,36 heures par semaine aux travaux domestiques non rémunérés, contre seulement 5,98 heures pour les hommes. Cette charge de travail féminine se répartit principalement entre les travaux ménagers (11,15 heures), les activités de mobilité (4,05 heures) et les soins aux personnes (2,17 heures). L'analyse du cycle de vie montre que les femmes sont productrices de temps domestique de 10 à 74 ans, avec un pic à 28 ans (27,58 heures/semaine), tandis que les hommes présentent un déficit net de temps domestique tout au long de leur vie.
Entre 2018 et 2022, bien que le volume horaire des femmes ait augmenté, certaines évolutions positives sont observées : réduction du temps consacré aux courses grâce à l'amélioration de l'accès à l'eau potable et aux énergies propres, et implication croissante des hommes dans les tâches domestiques. La comparaison avec d'autres pays de l'UEMOA (Bénin, Burkina Faso, Sénégal) confirme la persistance de ces inégalités genre dans la région, tout en soulignant les spécificités du contexte togolais. Cette analyse met en évidence la nécessité de politiques publiques visant à reconnaître et valoriser le travail domestique non rémunéré comme composante essentielle du développement socio-économique.