Dans cet article, nous croisons nos analyses de sociologue et linguiste pour rendre compte de pratiques d’écriture plurilingues dans un contexte post-colonial où sont en présence des langues de statut et de fonctions très divers (français, langue de l’ancienne colonie, langue officielle et de l’administration ; bambara, langue vernaculaire et véhiculaire, à statut de langue nationale ; arabe, langue religieuse). Il s’agit ici de décrire des phénomènes d’alternances de langue à l’écrit, et de repérer ce que peuvent être les marqueurs proprement graphiques de cette alternance, rendant ainsi compte des spécificités de l’écrit dans ce domaine, jusqu’ici essentiellement étudié à travers les productions orales. L’enjeu est par ailleurs d’articuler analyse linguistique des productions écrites et étude des trajectoires sociales du scripteur, permettant une réelle approche socio-linguistique de ces pratiques langagières scripturales.