Résumé : Cet article met en exergue un phénomène observable au Cameroun.
A partir de la création de groupes virtuels et interactifs sur les réseaux
sociaux, la tendance est au renforcement des liens sociaux entre les membres,
fondé sur la solidarité et l’entraide. Ces entités compensent les défaillances du
système de sécurité sociale. Le membre d’un groupe entretient une interaction
communicationnelle avec les autres, favorisant un ancrage sociétal
dynamique. Aborder la notion de solidarité en Afrique c’est indubitablement
mettre en exergue « la conscience d’une interdépendance des membres du
corps social, le sentiment d’une responsabilité mutuelle qui, dans une
communauté donnée, oblige ses composantes les unes envers les autres et
conduit à l’entraide et à l’assistance mutuelle pour le maintien de la cohésion
du groupe » Mohamed Mahoud (2022). Cela s’actualise au quotidien par une
communication groupale permanente que l’individu développe avec ces
différentes composantes, eu égard au fait que dans les communautés
africaines, la solidarité est une vertu suprême. Selon Georges KOSSI
KENKOU (1994), « La pratique de ces formes de réciprocité renvoie à une
variété de formes de compensation, symboliques ou réelles, propres à
promouvoir et à entretenir un système de cohésion sociale durable ». Ce
phénomène convoque la théorie du don développée par Marcel MAUSS
(1923), basée sur le tryptique « Donner-recevoir-rendre ». L’existence et le
fonctionnement des « Njangui ou Tontines », « Deux Zéro », « Amicales des
anciens élèves ou étudiants », suscite l’émergence de ces nouveaux acteurs qui
investissent systématiquement les réseaux sociaux; principal moyen efficace
pour l’atteinte de leurs objectifs de communication groupale.
Mots-clés : Communication groupale, dévirtualisation, communauté, solidarité.