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Du comparatisme au contact des langues : reconsidérations dans l'espace lexical sahelo-saharien

Domain:

natural language processing

Record type:

paper
Creator:
Nic
Editor:
BCLIns
Publisher:
CCSD
Host:avatar
Je vais partir de quelques résultats qui ne sont plus tout à fait nouveaux puisqu’ils ont fait l’objet de plusieurs publications mais qu’il est intéressant de reprendre car ils se placent au cœur de la problématique du contact des langues, entre ‘aréalité’ et ‘généalogie’ comme le titre de ce colloque le suggère. Cela n’étonnera personne ici si c’est au songhay que je fais référence.I. Le cas du songhay ou les leurres de l’interprétation.L’aire de convergence mandé-songhay: On s’intéresse aujourd’hui aux aires dites de convergence linguistique parce qu’on a reconnu qu’elles ne s’expliquent pas « correctement » par la seule rationalité structurale : l’on suppose ainsi que l’isomorphisme qui les caractérise résulte d’une évolution due au contact entre des langues dans un contexte historico-socio- géographique particulier. De ce point de vue, selon la doxa traditionnelle, l’espace géographique de la Boucle du fleuve Niger met en contact des langues de deux ensembles linguistiques généalogiquement non-apparentées (langues mandé du nord-ouest et langues songhay). Corrélativement, l’on peut constater un important isomorphisme aux plans phonologique, morphologique, syntaxique et sémantique entre deux sous-ensembles de langues de ces familles (Nicolaï : 2003a ; in press, a). L’hypothèse « logiquement » attendue à partir d’un tel constat devrait conclure à l’existence d’une aire de convergence linguistique : ainsi l’isomorphisme manifesté entre songhay et mandé résulterait d’un lent rapprochement des structures de ces langues dans un contexte de plurilinguisme et de contact plus ou moins intense, manifesté sur la longue durée. Dans cette perspective, l’isomorphisme conforterait tout simplement ce modèle de la convergence linguistique en proposant une nouvelle illustration de son application, sans plus.Mais cette explication-là se fonde sur un a priori : on présuppose – bien évidemment – 1que les langues sont typologiquement différentes au départ . S’il s’avérait que le présupposé fût faux, alors l’hypothèse aurait beaucoup plus de chances d’être fallacieuse. Mais qu’en est-il exactement ?