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Du don et du rite comme fondateurs des chefferies. Marcel Mauss chez les Dìì du Nord-Cameroun

Creator:
JEA
Publisher:
PER
Host:
Résumé Cet article considère les invariants des mythes de fondation des diverses chefferies de la société dìì (Dourou) du Nord-Cameroun. Ceux-ci tournent tous autour d'un don initial de nourriture fait soit par un chasseur étranger soit par un homme riche d'un village sans chef que les habitants s'empressent de nommer à leur tête, lui donnant le pouvoir politique. Ces éléments invariants entrent dans le schème maussien du don/contre-don, où le don initial place le donateur dans une position hiérarchiquement supérieure, le contre-don la confirmant mais avec un surplus permanent, la chefferie. Les chaînes dons/contre-dons qui sont le plus souvent évoquées comme la kula de Mélanésie et le potlatch de la Côte Nord-Ouest de l'Amérique du Nord se réduisent ici à un seul don et un seul contre-don qui est un fait social total absolu puisqu'il crée littéralement la société politique. Mais cette séquence parfaitement logique doit se doubler d'une analyse des rituels qu'on fait subir au chef, lesquels établissent véritablement un espace politique nouveau en changeant la nature de la société.