Nous proposons dans cet article une réflexion sur la genèse et la transformation des Yovofia, chefferies instaurées à partir de la fin du XIXe siècle par le pouvoir colonial allemand au sein des Akposso, Bèdrè et Ekpèbè des monts Togo. La double mise en perspective historique et anthropologique de cette nouvelle institution politique permet à la fois de retracer des faits grâce aux diverses sources disponibles et d’analyser des mécanismes d’usage politique du fait religieux. Les transformations du paysage social, économique et religieux sont abordées à la lumière des différentes tentatives de légitimation d’un pouvoir politique imposé, et des nouveaux rapports de force qui en découlent.