International audience
This paper examines writing practices in the overseas territory of Mayotte and the coexistence of two scripts to transcribe the vernacular languages, Shimaore and Kibushi. Based on an oral and written diachronic corpus (from 1841 to 2021), its first aim is to shed light on the centuries-old use of the Arab-Persian script to transcribe local and regional languages. It then offers a fresh look at the contemporary “biliteracy” generated by the coexistence of two educational institutions (school of the French Republic and Qur’anic school). Finally, it looks at the diffusion and transmission of Mayotte regional languages now that the French legal framework allows their teaching in school.
Cet article s’intéresse aux pratiques écrites dans le territoire ultramarin de Mayotte et à la coexistence de deux graphies pour transcrire les langues vernaculaires : le shimaore et le kibushi. En s’appuyant sur un corpus oral et écrit inscrit dans la diachronie (de 1841 à 2021), il vise tout d’abord à éclairer sur l’usage pluriséculaire de la graphie arabo-perse pour transcrire les langues locales et régionales. Il propose ensuite un regard neuf sur la « bilittératie » contemporaine générée par la coexistence de deux institutions scolaires (école de la République française et école coranique). Enfin, il interroge la diffusion et la transmission des langues régionales mahoraises à l’heure où le changement de cadre juridique français leur ouvre potentiellement la voie d’un enseignement officiel à l’école.