Résumé : Cette recherche traite du problème des unités porteuses de tons en moba et en nawdm, deux langues gur du Togo. Ces deux langues sont traitées presque de la même façon en ce qui concerne leurs unités porteuses de tons, notamment les travaux de Kantchoa (1994 ; 2005) pour le moba et ceux de Nicole (1983 ; 1987) pour le nawdm. Les deux auteurs ont considéré les obstruentes telles que [b, t, d, k, g] comme des unités porteuses de tons. Comment une obstruente peut-elle être une unite porteuse de ton ? Quel est le problème sous-jacent qui a poussé nos prédécesseurs à traiter ces segments comme unités porteuses de tons ? Telles sont les questions auxquelles cette étude tente de répondre. L’objectif principal est d’analyser en comparant les unités porteuses de tons en moba et en nawdm. Les objectifs spécifiques sont entre autres de : (1) montrer que les obstruentes ne peuvent pas être des unités porteuses de tons ; (2) montrer qu’en réalité, le ton qui apparait sur les obstruentes est en réalité placé sur une vowel non audible phonétiqement. Les hypotheses stipulent que les obstruentes ne sont pas des unités porteuses de tons ni en moba, ni en nawdm. De plus, l’existence d’une voyelle non audible a conduit à traiter les obstruentes comme des unités porteuses de tons dans ces langues. Ce travail est tiré du quatrième chapitre de notre thèse de doctorat. Nous avons adopté l’approche générative non–linéaire puisqu’il s’agit de l’analyse des suprasegmentaux. L’approche qualitative est aussi convoquée dans ce travail. Les résultats ont révélé que les obstruentes ne sont pas des unités porteuses de tons. C’est à cause non seulement de la présence d’une voyelle non audible mais aussi des theories utilisées par ces chercheurs qui les ont conduits à placer les tons sur les obstruentes.
Mots-clés : moba, nawdm, unite porteuse de ton, théorie auto-segmantale, méthode qualitative.