Jacques Rabemananjara, tout en pratiquant à l’occasion le verset et le vers libre, s’est emparé du sonnet pour en faire le véhicule de sa redéfinition d’une identité malgache. Loin d’une opposition simpliste entre des formes occidentales et d’autres qui seraient proprement malgaches, l’auteur semble en effet distinguer une poésie politique plus « libre » et une poésie amoureuse régulée par la métrique occidentale. L’examen d’un recueil en vers libres ( Antsa ) et d’un recueil de sonnets ( Les Ordalies ) permet de redéfinir le parcours d’un poète qui renégocie sans cesse sa relation à la forme.