This study examines the current sociolinguistic situation of Kwasio, a Bantu language spoken in Cameroon, Equatorial Guinea and Gabon, focusing on language vitality, literacy levels, and community attitudes toward orthographic standardization. A survey of 81 respondents from the Kwasio-speaking community was conducted between August 2024 and February 2025 to assess speaking proficiency, literacy competencies, dialectal variation, and perspectives on developing a unified writing system. Results indicated that 76.5% of respondents speak Kwasio, though only 32.1% can read and 35.8% can write the language. Three main dialects: Mbvumbo, Mabi, and Bisio were investigated (though the community also consider Shiwo A803 to be a dialect of kwasio), with 88.9% of respondents supporting the development of a unified orthographic system. The study reveals a significant literacy gap despite oral transmission vitality, alongside strong community engagement (79.0% willing to participate in revitalization activities). These findings suggest that while Kwasio maintains reasonable oral vitality, urgent interventions are needed to develop standardized literacy materials and educational programs to ensure long-term language sustainability. The research provides baseline data for language planning initiatives and identifies key opportunities for community-based language revitalization efforts
Cet article examine la situation sociolinguistique du kwasio, une langue du groupe bantu A80 parlée au Cameroun, en Guinée Équatoriale et dans une certaine mesure au Gabon. Son intérêt porte sur trois dimensions essentielles : la vitalité linguistique, les compétences en littératie et les attitudes communautaires à l'égard de sa standardisation orthographique. Cette étude est le fruit d’une enquête menée entre août 2024 et février 2025 auprès de 81 répondants recrutés par convenance à travers des groupes communautaires dans les réseaux sociaux et des plateformes de médias sociaux représentant environ 1 500 membres de la communauté kwasio au Cameroun, en Guinée Équatoriale et dans la diaspora. Les résultats indiquent que 76,5 % des répondants déclarent parler couramment le kwasio et 21,0 % en avoir une connaissance partielle. Ce qui suggère une transmission orale encore relativement robuste, bien que potentiellement fragilisée par proportion des locuteurs qui parlent peu la langue. En revanche, un écart saisissant sépare cette vitalité orale des compétences en littératie : seulement 32,1 % des répondants sont capables de lire le kwasio et 35,8 % de l'écrire, ce qui témoigne de l'absence d'une tradition écrite consolidée et de l'hétérogénéité des systèmes graphiques en usage. Sur la question de la standardisation orthographique, la communauté manifeste un consensus remarquable : 88,9 % des répondants se déclarent favorables au développement d'un système d'écriture unifié pour les trois principaux dialectes Mbvumbo, Mabi et Bisio. Ce consensus est d'autant plus significatif que les données sur l'intelligibilité mutuelle montrent que la grande majorité des répondants comprend bien les dialectes autres que le leur : 79,4 % pour le Mbvumbo, 74,6 % pour le Mabi et 76,7 % pour le Bisio. En matière de préférences pédagogiques, les répondants adoptent une approche multimodale combinant une grande variété d’outils et techniques d’apprentissage. Enfin, l'engagement communautaire se révèle particulièrement élevé : 79,0 % des répondants affirment être disposés à participer activement à des activités de revitalisation et 19,8 % se déclarent potentiellement disponibles. L’enquête indique que les principaux obstacles à la maintenance du kwasio ne sont pas d'ordre motivationnel mais tiennent plutôt au manque de ressources, de l’absence de coordination institutionnelle et de capacité technique. L'étude conclut que le kwasio se trouve à un tournant décisif de son évolution: sa vitalité orale subsiste, mais la langue demeure exclue des domaines formels faute d'une orthographe standardisée et de matériaux écrits suffisants. L’étude appelle à des interventions concertées entre toutes les parties prenantes (linguistes, éducateurs, institutions et communautés) pour convertir l'enthousiasme documenté en programmes concrets et durables de revitalisation