Dans les théories traditionnelles du langage, la langue est faite de composantes bien distinctes, soumises à des représentations et à des procédés différents : c’est ainsi qu’on a la phonologie, la morphologie, la syntaxe, la morphosyntaxe, etc. La Morphologie Distribuée (Halle - Marantz, 1993) en revanche considère que la morphologie en particulier n’est pas confinée dans une seule composante mais selon elle processus morphologiques sont « distribués » ou répartis tout le long de la structure syntaxique. La Morphologie Distribuée prend sa source dans le Programme Minimaliste de Chomsky (1995) qui est lui-même un modèle dérivé de la théorie générative ou grammaire générative, développée au début des années cinquante. Le syntagme génitival du wushi, langue Grassfields bantu parlée au Cameroun anglophone, illustre bien la difficulté de distinguer les mots des phrases, et partant, devrait être décrit non pas en séparant de manière nette la morphologie de la syntaxe, mais bien au contraire en les associant, selon les principes de la Morphologie Distribuée. Il reste cependant, comme toute théorie, que la Morphologie Distribuée comporte des limites qu’il conviendra de relever.