Résumé : Cet article analyse le rôle des particules discursives (fa, dai, ko) dans le système énonciatif du haoussa. S’inscrivant dans le cadre des théories de l’énonciation et des travaux de Bernard Caron sur la langue haoussa, l’étude examine comment ces morphèmes libres, fonctionnant comme des opérateurs de modalisation, configurent la relation intersubjective entre les co-énonciateurs. L’analyse distributionnelle, sémantico-pragmatique et énonciative montre, d’une part, que ces marqueurs obéissent à des contraintes syntaxiques et prosodiques strictes ; d’autre part, il s’avère que la particule fa opère un choix forcé visant à imposer la validation de l’énoncé, la particule dai introduit un décrochage concessif restreignant le domaine notionnel, tandis que ko suspend cette validation pour solliciter la co-validation de l’interlocuteur. Par ailleurs, l’analyse des schèmes tonals et du phénomène d'accumulation met en évidence la corrélation entre les variations intonatives et le fonctionnement de la subjectivité dans le discours.
Mots-clés : haoussa, énonciation, particule modale, posture discursive, prosodie énonciative, subjectivité