Ce compte-rendu d'entretiens présente les déclarations et les prises de positions vis-à-vis du wolof et du peul de quatre hommes adultes : deux d'entre eux sont des salariés scolarisés, originaires de Haute Casamance ; les deux autres, l'un pêcheur, le second vendeur, ne sont pas scolarisés et viennent de la vallée du fleuve Sénégal. Ces hommes ont tous imposé leur langue en famille. Cependant, leurs opinions divergent : les deux poularophones scolarisés reconnaissent le rôle véhiculaire du wolof et regrettent qu’il n’en soit pas de même pour le peul ; mais ils ne s'engagent guère au-delà de la simple parole. Les deux autres sont conscients du fait que l'expansion du wolof est liée à l'urbanisation ; mais ils ne veulent pas en tirer les conséquences réelles pour le peul, estimant suffisant, pour sauver leur langue, de lui donner un statut de langue écrite.
On doit bien souligner un point de consensus : les autres langues de Ziguinchor sont à peine évoquées et sont implicitement minorées ; de plus, le statut du peul est toujours défini par rapport au seul wolof.