Résumé
Cet article tente une aventure unique et quelque peu audacieuse pour dire clairement les problèmes auxquels sont confrontés les institutions muséales et le patrimoine culturel camerounais. À partir de l'analyse des deux grands projets de musées connus et de quelques textes juridiques, il y a lieu de constater, avec l'auteur, une sorte de complicité tacite, ou plutôt une complaisance désagréable chez les pouvoirs publics, et cela face aux questions de fond qui minent les projets culturels dans ce pays. Au Cameroun aujourd'hui, il ne serait pas exagéré de parler d'un patrimoine en « péril ». Au-delà de la diversité des démarches muséologiques, l'auteur cherche à montrer que c'est aussi la complexité du substrat social, culturel, voire politique, avec ses a priori idéologiques, qui ne rend pas aisée l'éclosion des actions susceptibles de conduire les Camerounais vers l'idéal d'une identité culturelle nationale. N'est-il donc pas temps de replacer les projets de fondation, ainsi que le destin des musées au Cameroun, dans une perspective très grande qui prenne en compte le rôle effectif, sinon les initiatives des communautés régionales, autant que ce qui pourrait être une vraie politique d'aménagement du territoire par les pouvoirs publics ?