Le présent travail porte sur l’enseignement formel en République Démocratique du Congo. Alors que la loi-cadre de l’enseignement de 2014 de la RDC prévoit, sur un pied d’égalité, l’utilisation du français (langue officielle du pays) et des langues congolaises (langues nationales) comme langues d’enseignement, les écoles continuent de bannir les langues congolaises de leur sein. Cependant, d’après le constat général, la maitrise du français ne cesse de baisser. Cette incompétence linguistique entraine de graves défaillances dans l’appropriation des savoirs enseignés. Par ailleurs la population porte un regard condescendant sur les langues congolaises, bien qu’elle s’en serve au quotidien, car elle les considère comme inaptes à véhiculer les savoirs scientifiques. Dans le but d’apporter une réponse pédagogique et sociolinguistique à cette situation, nous avons mis en place une école où toutes les matières sont enseignées en lingala, l’une des langues nationales de la RDC, tandis que le français et l’anglais sont enseignés en tant que langues étrangères. Au fur et à mesure des obstacles rencontrés, nous avons adapté la didactique, le contenu des cours et la gestion de l’école.