The conversation
Cet article analyse l’expulsion d’un agent diplomatique français à Madagascar comme un révélateur des vulnérabilités informationnelles propres aux périodes de transition politique. À partir du contexte malgache ouvert par les mobilisations de septembre 2025, il montre comment un incident bilatéral peut rapidement devenir une bataille de récits autour de l’ingérence, de la souveraineté, de la déstabilisation et des recompositions d’influence dans l’océan Indien.L’analyse ne vise pas à trancher la réalité judiciaire des accusations évoquées, qui relèvent d’enquêtes en cours, mais à comprendre leurs effets dans l’espace public. En mobilisant une approche issue des sciences de l’information et de la communication, l’article met en évidence la manière dont les récits politiques sélectionnent des causes, désignent des responsables, déplacent l’attention collective et transforment une contestation sociale en enjeu de sécurité nationale.Le cas malgache illustre également la dimension symbolique de la relation franco-malgache, marquée par l’histoire coloniale, les contentieux mémoriels et territoriaux, notamment autour des îles Éparses, ainsi que par la compétition d’influence entre puissances dans l’océan Indien. Dans ce contexte, la diplomatie contemporaine ne se joue plus seulement dans les canaux institutionnels, mais aussi dans les perceptions, les soupçons, les émotions collectives et les circulations numériques.L’article montre ainsi que la maîtrise du récit devient un enjeu central de pouvoir en période de transition. À Madagascar, l’affaire diplomatique étudiée révèle que les vulnérabilités politiques sont aussi des vulnérabilités communicationnelles, où la bataille diplomatique se double d’une bataille de perception.