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IntroductionLa perte d’autonomie des personnes âgées constitue un enjeu croissant de santé publique au Burkina Faso, avec un besoin de mesures standardisées pour décrire la situation, analyser les déterminants et orienter la planification des services. En contexte multilingue, l’absence d’outil fonctionnel comparable entre langues limite la production d’indicateurs robustes. Nous avons adapté en mooré une grille de dépendance fondée sur la grille Autonomie gérontologique groupes iso-ressources et évalué sa fiabilité, sa structure et l’équivalence de mesure entre versions mooré et française.MéthodesÉtude transversale menée à Ouagadougou (juillet-septembre 2024) auprès de personnes âgées de 60 ans et plus, recrutées dans des centres de santé. Les données ont été recueillies par des enquêteurs formés via questionnaire administré dans la langue la mieux maîtrisée (mooré ou français). Quinze items discriminants ont été analysés sur une échelle ordinale à trois modalités. La cohérence interne a été estimée par alpha de Cronbach par langue. La structure latente a été explorée par analyse factorielle sur corrélations polychoriques. L’équivalence de mesure entre langues a été examinée par un modèle de Rasch polytomique à crédit partiel et un test d’invariance global (test d’Andersen), avec analyses de sensibilité. La dépendance a été définie à partir de la classification GIR (dépendance GIR2-GIR5). Des analyses ajustées exploratoires des déterminants de la dépendance ont été réaliséesRésultatsAu total, 334 participants ont été inclus (60-98 ans ; âge moyen 68,4 ans ; 175 hommes, 158 femmes, 1 donnée manquante). Les analyses d’équivalence de mesure ont porté sur 304 répondants disposant de données exploitables. La cohérence interne était élevée dans les deux versions (alpha=0,949 en mooré ; alpha=0,969 en français). L’analyse factorielle suggérait une organisation bi-dimensionnelle et une similarité modérée du facteur principal entre langues (congruence de Tucker=0,86). Selon le modèle de Rasch, certains items, notamment cognitifs, présentaient un ajustement imparfait. Le test d’Andersen, après analyses de sensibilité incluant l’exclusion automatique d’items à patterns inadéquats dans certains sous-groupes, ne suggérait pas d’incompatibilité majeure avec l’invariance entre langues (p=0,25). La prévalence de la dépendance était de 27,8 %. En analyses ajustées, la dépendance était notamment associée à l’âge plus élevé et aux antécédents de chute, ainsi qu’à des indicateurs de conditions de vie et d’accès aux soins (absence de pension, absence d’eau potable au domicile, suivi médical en centre de santé).ConclusionCette étude montre la faisabilité d’une collecte multilingue et apporte des éléments en faveur d’une comparabilité globale des mesures entre mooré et français pour décrire la dépendance fonctionnelle à Ouagadougou. Les prochaines étapes viseront à consolider l’équivalence transculturelle (débriefing cognitif), évaluer la fiabilité inter-évaluateurs, confirmer l’invariance (approches multi-groupes) et renforcer l’analyse des déterminants dans des échantillons plus représentatifs