La flore africaine, étonnamment riche, a depuis longtemps passionné les botanistes. Ils en ont dressé des inventaires de plus en plus précis et complets, attribuant à chaque plante une place dans la classification et un nom scientifique. Nous citerons la dernière flore parue à ce jour, pour le Burkina Faso et le Mali (voir en Références). Ses auteurs y décrivent plus de 2600 espèces végétales que l'on retrouvera en grande partie dans les autres régions sahéliennes et soudano-sahéliennes d'Afrique. Malheureusement, ils ne fournissent pas les noms en langues locales. Pour ce qui concerne les arbres, les arbustes et les lianes, je conseille particulièrement l'ouvrage de Michel Arbonnier, dont il existe déjà plusieurs éditions. Lui non plus ne fournit pas d'appellations en langues locales.
Certaines espèces végétales plus remarquables ont reçu un nom en français depuis fort longtemps. baobab, de l' arabe [ba hubūb], « père de graines », Adansonia digitata. Le mot a d'abord désigné le fruit de cet arbre. caïlcédrat, (souvent écrit à l'origine, caïl-cédrat), du wolof [xay] « Khaya senegalensis ». Remarquons que même le nom scientifique Khaya vient de ce mot wolof. kinkéliba, du wolof [kenkiliba], Combretum micranthum, à distinguer du « faux kinkéliba » Cassia occidentalis. Cela n'empêche pas qu'au Cameroun, on appelle quand même « kinkéliba » le « faux kinkéliba ». D'autres noms français ont été attribués par des voyageurs ou des résidents français, souvent à la période coloniale, en fonction d'une ressemblance présumée avec des végétaux d'Europe ou des Antilles : bouleau d'Afrique : Anogeissus leiocarpus.
cerisier : on peut parfois entendre appeler ainsi le Ximenia americana, du fait de son fruit qui, selon nous, ressemble pourtant davantage à une mirabelle. pommier de Sodome : Calotropis procera ; à l'époque coloniale, il a aussi été surnommé « roustonnier », du fait de la ressemblance de ses fruits avec un scrotum.