Le wolof dispose d’une construction optative, c’est-à-dire une construction permettant d’exprimer un souhait ou un désir du locuteur, ainsi qu’une construction prohibitive qui peut être analysée comme son équivalent négatif. Ces deux constructions sont intégrées au système verbal de la langue. Nous proposons une hypothèse de grammaticalisation pour chacune de ces deux constructions. L’optatif serait issu de la grammaticalisation d’une formule de souhait ; processus ayant pu être induit par un contact avec les langues mandé-ouest. Le prohibitif serait issu de la grammaticalisation d’une construction impérative avec le verbe ba ‘laisser’. Ainsi le wolof présente deux constructions ayant presque la même valeur sémantique, qui se distinguent essentiellement par la polarité mais n’ayant absolument pas la même origine. On pourrait donc y voir un phénomène de grammaticalisation parallèle ou convergente.