L’expression cattle complex renvoie à une imbrication des vies humaines et bovines chez les pasteurs nilotes d’Afrique de l’Est. La relation homme-animal fut analysée soit par le biais des contraintes de productions pastorales (et le symbolisme comme un surplus associé), soit comme un système symbolique cohérent (bien qu’il frôlait l’obsession). L’expression poétique fut ainsi traitée comme une esthétique gratuite ou comme l’emphase d’une croyance fétichiste. Dans cet article, je m’intéresse aux éléments langagiers des Mursi qui font référence au bétail afin de justifier par une autre voie l’omniprésence bovine. Après avoir mentionné les postulats de l’identité personnelle mursi reposant sur le triptyque humains-bovins-couleurs, je présente trois registres de paroles où sont présents l’identité des personnes : les noms personnels, les poèmes et les discours relatant l’activité du Pays. En effet, selon des contextes interactionnels, différents registres de communication sont utilisés, où les bovins sont mobilisés comme des médiations servant à définir les personnes.