Partant du constat que la langue ikwere ne dispose pas de classe de mots dont la fonction consisterait systématiquement en celle de déterminant, l’objectif de cet article est de comprendre ce qui fait que dans une relation de type N1N2, un élément apparaît en position N1 plutôt qu’en N2, et inversement, un élément apparaît en N2 plutôt qu’en N1. Ainsi, le numéral tólú ‘neuf’ apparaît obligatoirement en postposition par rapport à áhwà ‘année’ (on dit áhwà tólú ‘neuf ans’) alors que le numéral ɔ́gwʊ̰́ ‘vingt’ précède áhwà ‘année’ (on dit ɔ́gwʊ̰́ áhwà ‘vingt ans’). Dit autrement, par quel(s) moyen(s) le locuteur ikwere parvient-il à identifier le déterminant et/ou le déterminé dans une relation de détermination entre termes représentés par les unités nominales dans la séquence N1N2 ? Un examen d’une série d’exemples contextualisés montre que l’ikwere croise plusieurs critères, à savoir :
1) la nature de la relation construite à travers la juxtaposition des deux unités ; 2) les propriétés primitives des termes représentés en position de N1 et N2 ; 3) le positionnement des termes en N1 et/ou N2 ; 5) le contexte d’emploi de la relation construite.