Cet article a un double objectif. Premièrement, il explore les origines de l’esclave musulman Omar ibn Saïd du Fuuta Tooro décrites dans son autobiographie, datée de 1831, et dans ses autres écrits. Deuxièmement, il pose la question du partage du patrimoine d’Omar avec les populations du Fuuta Tooro. En effet, l’autobiographie de l’esclave musulman Omar ibn Saïd a été présentée à la communauté scientifique par la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis en 2017. La redécouverte de ce manuscrit de quinze pages restituant des éléments biographiques d’Omar ibn Saïd a attiré l’intérêt d’acteurs très différents de part et d’autre de l’Atlantique. Ce serait le seul manuscrit, conservé aux États-Unis, écrit en arabe ajami, de la main d’un esclave, originaire de la région de Fuuta Tooro, au Sénégal, au XIXe siècle. De plus, se pose aussi la question du retour symbolique de son œuvre intégrale inédite en Afrique afin qu’elle soit partagée avec son peuple d’origine. Un voyage de dix jours au Fuuta Tooro et au-delà nous a permis de montrer les manuscrits d’Omar aux imams et aux locuteurs et traducteurs arabes et pulaar et de mener des entretiens dans le but d’identifier son village natal. Cet article contribue à l’enrichissement des connaissances sur les origines africaines des esclaves musulmans noirs. De plus, il lance le débat sur le partage du patrimoine des anciens esclaves avec le continent africain en vue de la réconciliation des Africains-Américains avec la terre de leurs ancêtres.