Nous réexaminons dans cet article une série de problèmes concernant la tonologie du bambara, et particulièrement les règles de réalisation tonale des substantifs affectés de la modalité 'défini'. Nous montrons que, contrairement aux conclusions de CREISSELS (1978) :
- les schèmes tonaux des substantifs se terminent par une syllabe ou un mot à ton haut ;
- la forme 'non défini' étant marquée synchroniquement, une règle d'abaissement s'applique au(x) ton(s) haut(s) dans le cas où la syllabe initiale est basse, lorsque le lexème suivant commence par un ton haut ; cette règle est optionnelle pour les trisyllabes à ton initial bas ;
- la règle de dissimilation postulée par CREISSELS est 'opaque' et n'est donc pas 'psychologiquement réelle' ;
- deux contraintes rendent compte de la structure des groupes nominaux à la modalité 'non défini' lorsque le déterminant est à ton initial haut ou bas : interdiction de deux tons bas consécutifs de part et d'autre d'une frontière de lexème, et interdiction d'une forme tonale impliquant la modalité 'défini'.