International audience
The TERPLO methodology is a praxis inspired by Paulo Freire’s critical pedagogy, developed in partnership with communities of practice involving bilingual and intercultural teachers, students, and Indigenous language speakers. This approach fosters the collective, bottom-up development of endogenous pedagogical forms and content, grounded in Freire’s dual perspective of codification (diametric practices in minoritized languages and scripting of socially anchored epistemic narratives) and decodification (critical apprehension of reality through dilemmas). Texts produced during these Indigenous language writing workshops are analysed through narrative and visual semiotics, aiming to propose pedagogical applications for bilingual and plurilingual schools, colleges, and universities in Mexico, as well as socio-environmental diagnostics for Indigenous unions, cooperatives, and NGOs.The activity described here draws on Howard Becker’s (2007) idea that an effective and heuristic way to model social dilemmas, particularly in urban studies, is to adopt the approach of Italo Calvino’s Invisible Cities (1972). Calvino uses generative motifs—such as memory, desire, signs, exchanges (interactions and transactions), vision, and death—which correspond, in Peter Sloterdijk’s topological terms (Spheres III), to aletheotopes, erotopes, anxiotopes, thanatotopes, and more. These topoi are modeled by Indigenous speakers through discourses in their native languages, describing the situation of Indigenous towns in Mexico, particularly in the multilinguistic ethnoregion of the Huasteca poblana. Themes such as ecological challenges, migratory movements, wealth and inequality, violence and insecurity, linguistic assimilation and acculturation, and especially emigration, emerge prominently.The relationship between language(s) and urbanization is thus represented endogenously through Indigenous languages, with their corpora (lexicon and grammar) being mobilized for both didactic and reflexive purposes. These representations highlight “scenes of everyday glottophagy,” which gain expressive power as socio-ethnolinguistic depictions of urban phenomena are articulated in the "low-status" languages of speakers engaged in reflexive and resilient processes against diglossia. This critical praxis of invisible communities also echoes Louis-Jean Calvet’s critique of the linguistic community concept, advocating instead for the notion of the social community, which is particularly suited to urban sociolinguistics.
La méthodologie des TERPLO est une praxis inspirée de la pédagogie critique de Paulo Freire, en partenariat avec des communautés de pratique d’instituteurs et d’élèves ou d’étudiants bilingues et interculturels en domaine amérindien. Cette méthode travaille collectivement, dans une démarche ascendante (bottom-up), l’élaboration de formes et de contenus pédagogiques endogènes, du double point de vue freirien de la codification (pratiques diamésiques en langues minorées, scénarisation de récits épistémiques socialement ancrés) et de la réduction (saisie critique du réel à partir de dilemmes). Elle fonde l’analyse des contenus des textes produits durant ces ateliers d’écriture en langues indigènes sur la sémiotique narrative et visuelle, afin de proposer aussi bien des applications pédagogiques pour les écoles, collèges et universités bi-plurilingues au Mexique que pour des diagnostics socio-environnementaux auprès des syndicats, des coopératives et des ONG autochtones. L’activité qui sera décrite ici est inspirée de l’idée d’Howard Becker (2007) qu’une manière efficace et heuristique de modéliser des dilemmes sociaux, notamment en urbanistique, consiste à adopter la démarche d’Italo Calvino dans son ouvrage de fiction Les villes invisibles (1972), qui prend comme motifs générateurs, sur le plan sémiotique, des concepts-pivots comme mémoire, désir, signes, échanges (interactions et transactions), regard/vision, morts, etc. qui correspondent, en termes de topologies à la Peter Sloterdijk (Sphères III) à autant d’aléthotopes, érotopes, anxiotopes, thanatotopes, etc. Ces topoi sont modélisés par les locuteurs à travers des discours en langues autochtones décrivant la situation des villes amérindiennes du Mexique, en particulier de la Huasteca poblana, ethnorégion multilingue : défis écologiques, mouvements migratoires, richesse et inégalités, violence et insécurité, assimilation et acculturation linguistiques et surtout, émigration. La relation entre langue(s) et urbanisation est ainsi représentée de manière endogène, à travers les langues autochtones, en travaillant leur corpus (lexique et grammaire) à des fins à la fois didactiques, réflexives, par autant de « scènes de la glottophagie ordinaire », rendues d’autant plus puissantes, sur le plan expressif, que ces représentations (socio)ethnolinguistiques du fait urbain ont pour vecteur la langue en position « basse » des sujets parlants, engagés dans un processus réflexif et résilient face à la diglossie. Cette praxis critique des « communautés invisibles » fait également écho à la critique de la notion de communauté linguistique chez Calvet, au profit de celle de communauté sociale, particulièrement adapté à la sociolinguistique urbaine.