Les changements climatiques et d’occupation des sols constituent une véritable menace pour le fonctionnement des bassins versants. La protection des ressources en eau des bassins versants pour un Développement Durable passe par la compréhension de la dynamique des variations actuelles. C’est particulièrement les cas des ressources en eau du bassin versant du Banco qui sont soumises à de fortes pressions anthropiques, d’où la diminution de l’infiltration. L’objectif principal est d’évaluer les impacts actuels et futurs des changements climatiques et de l’utilisation des terres sur l’hydrologie de ce bassin versant. L’étude des tendances des données hydroclimatiques à l’aide des méthodes statistiques, a mis en évidence une stationnarité des précipitations et une augmentation de la température et des débits sur le bassin versant du Banco. L’augmentation la température est estimée à 2,28°C alors que l’augmentation de l’écoulement superficiel après la date de rupture (1996) est estimée à 71,25 %. L’utilisation des images satellites de 1987, 2002 et 2017 a mis en évidence une modification de l’occupation du sol du bassin versant du Banco marquée par une diminution des surfaces d’eau, de forêt dense et des cultures et jachères et une augmentation des surfaces d’habitats et sols nus et de forêt dégradée. Par ailleurs, les sorties de trois modèles climatiques régionaux CORDEX-AFRICA sous les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 ont servi à l’étude du changement climatique sur les écoulements à moyen (2041-2060) et long terme (2081-2100). Les modèles climatiques dans leur majorité, prévoiraient un climat plus chaud et humide aux horizons 2050 et 2100. Les précipitations devraient augmenter de 27,8 % et de 23,8 % respectivement aux horizons 2050 et 2100. Tous les modèles ont prévu une augmentation de la température pour les périodes futures, avec une tendance au réchauffement de l’ordre de 3°C pour le scénario RCP 4.5 et de 4°C le scénario RCP 8.5. Le modèle Land Change Modeler (LCM) a été utilisé pour la simulation prospective de l’occupation du sol. Ce modèle a permis la simulation de l’occupation des sols du bassin versant du Banco aux horizons 2050 et 2100. Deux scénarios ont été retenus dans cette étude, il s’agit de la déforestation et la reforestation. Les projections prévoiraient une diminution de la végétation naturelle due à l'augmentation des habitats et sols nus, des cultures et jachères aux horizons 2050 et 2100, selon le scénario déforestation et une reprise forestière selon le scénario reforestation. Les impacts combinés du changement climatique et de l’occupation du sol ont été évalués sur le débit et les composantes hydriques du bassin par le modèle hydrologique SWAT. Sur la période 1983-2020, les résultats de simulation montrent que sur une moyenne annuelle de 1574,65 mm de précipitation, environ 692,85 mm (44 %) retournent à l’atmosphère par évapotranspiration. Le ruissellement annuel moyen a été estimé à 740,08 mm (47 %), alors que l’infiltration dans le sol se chiffre à 141,72 mm (9 %). De plus, une augmentation du ruissellement sur l’ensemble de la zone d’étude sera estimée à 31,6 % et 27,5 % aux horizons 2050 et 2100. Cependant, les zones à fort ruissellement devraient à partir du Nord-ouest s’étendre au Sud-ouest du bassin versant du Banco. Ainsi, les résultats obtenus dans cette étude fournissent une idée des débits futurs et peuvent être utiles dans l’élaboration des plans de gestion des ressources en eau de la zone d’étude. L’implémentation du modèle SWAT sur le bassin du Banco a permis de comprendre les processus gouvernant son cycle hydrologique.