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Construction de mots et de pots : Comparaison linguistique-archéologique de la stabilité des mots et des pots en Diola de Casamance

Domaine:

natural language processing

Type de record:

paper
Créateur:
HanAssSalMay
Éditeur:
LanUniUniEur
Éditeur:
CCSD
Hôte:avatar
International audience This study explores the socio-historical dynamics of pottery traditions through the stability and usage of terms designating different types of pots and their forms. Ethnoarchaeological and linguistic surveys were conducted among the renowned potters of Edioungou in Lower Casamance, Senegal, who are speakers of the Huluf variant of the Jóola Kaasa language. In Huluf, as in most Jóola languages of Casamance, words are composed of two essential elements: a root and a class prefix that indicates the category, function, form, or size of an object. Among these roots, two types are distinguished: those with specific meanings and those without inherent – formal – meanings. This system allows for the straightforward classification of pots by their size, shape, and function based on the word’s root and noun class prefix.Our study compares these two types of lexical roots within the Huluf language and other Jóola languages. The findings reveal that certain roots are highly stable and can be traced back to the proto-language, indicating the antiquity of pottery traditions among the Jóola. Other roots are shared with different languages across Senegal, suggesting linguistic borrowing. However, some roots are unique to the potters of Edioungou, aligning with their distinctive clay recipes and manufacturing techniques. These results provide insights into the historical continuity and cultural exchange among the Jóola and other groups in Senegal, and suggest avenues for further research on the intersection of language, material culture, and social history. Les langues diola de la Casamance (Sénégal) offrent un cadre privilégié pour examiner l’interaction entre lexique, classification nominale et évolution des pratiques culturelles. Cette étude se concentre sur la stabilité et la variation des termes désignant les pots à travers plusieurs variantes de diola, en s’appuyant sur des données linguistiques issues d’une enquête de terrain en cours et en collaboration avec une équipe d’archéologues.À travers une analyse comparative menée auprès des locuteurs diola et des potières d’Edioungou, nous examinons comment les préfixes de classe nominale organisent le lexique de la poterie et dans quelle mesure ces structures linguistiques sont conservatrices ou sujettes au changement. Nos résultats montrent que, bien que la nomenclature des pots soit largement stable et remonte probablement à une proto-langue diola, les usages et techniques céramiques eux, ont connu des innovations. Cette divergence entre stabilité lexicale et dynamisme matériel pose la question des mécanismes linguistiques et socioculturels sous-jacents.Afin d’évaluer l’étendue et les limites de cette stabilité lexicale, nous élargirons l’enquête à des villages voisins afin d’examiner si les mêmes termes sont employés et si les variations observées suivent des tendances phonologiques ou sémantiques régulières.En centrant l’analyse sur les structures linguistiques, cette recherche contribue à mieux comprendre les dynamiques internes du système de classification nominale en diola et son interaction avec l’évolution des pratiques culturelles. Elle apporte ainsi une perspective linguistique essentielle aux débats sur la reconstruction historique et la variation dans les langues atlantiques d’Afrique de l’Ouest.