International audience
Cette étude, nouvelle dans le champ linguistique de l’arabe, se propose d’aborder le domaine de l’atténuation en identifiant les différents moyens repérables en arabe écrit contemporain qui l’expriment. Ces moyens seront comparés à ceux du français qui recourt pour sa part notamment à l’imparfait et au conditionnel, présent comme passé. Il sera montré que les choses s’organisent sensiblement de la même manière en arabe, tant sur le plan temporel, le transfert vers le passé induisant une déréalisation à la base de l’effet de politesse, que sur celui des contraintes pragmatiques régissant cet effet, avec un « je » s’exprimant devant un « public » auquel il présente son dire sous des atours euphémisés. Il sera également montré que ce qui se présente comme l’équivalent arabe du conditionnel français dans son emploi modal atténuatif est bien à relier à la théorie du « si généralisé », c’est-à-dire à l’existence d’une protase implicite qui commande la lecture au conditionnel français de la construction verbale arabe, de même que l’effet d’atténuation serait à relier à la théorie des actes de langages et de la performance.