Dans un contexte plurilingue comme celui du Mali, la complexité des dynamiques linguistiques et des tensions diglossiques entre les langues nécessite une approche étudiant à la fois les facteurs intra- et extra-linguistiques. En terme d'appropriations linguistiques, l'adhésion ou la résistance à la langue dominante (le bambara) dépend en grande partie de l'ambivalence de l'imaginaire linguistique des locuteurs qui se traduit par des instabilités dans les usages et influent progressivement sur les systèmes linguistiques en présence. L'exemple du malinké (zone mandingue) montre que les choix de code résultent bien d'une redéfinition constante des positions sociales en fonction des interlocuteurs et des situations d'énonciation. Les effets de ces choix agissent enfin sur la délimitation des codes eux-mêmes.