Résumé : Cette étude examine l’effet du renforcement de la capacité d’inhibition sur les performances scolaires d’élèves déplacés internes présentant des difficultés d’apprentissage au Burkina Faso. Exposés à des ruptures scolaires, des expériences traumatiques et à des conditions d’apprentissage précaires, ces élèves présentent fréquemment des déficits des fonctions exécutives, en particulier de l’inhibition, essentielle à la régulation de l’attention et du comportement en contexte scolaire. Un dispositif quasi-expérimental à méthodologie mixte a été mis en œuvre auprès de cinquante élèves déplacés internes du cours élémentaire deuxième année (CE2), scolarisés dans sept écoles primaires de la ville de Kaya. Les participants ont été répartis en un groupe expérimental (n = 25) et un groupe contrôle (n = 25). Le groupe expérimental a bénéficié, durant quatre semaines, d’un programme de renforcement de l’inhibition cognitive et comportementale, à travers des activités inspirées des tâches « Jour-Nuit » et « Jean dit », tandis que le groupe contrôle a suivi l’enseignement habituel. Les résultats indiquent une amélioration plus importante des capacités d’inhibition et des performances scolaires chez les élèves du groupe expérimental comparativement à ceux du groupe contrôle. Ces résultats suggèrent que le renforcement ciblé des fonctions exécutives, en particulier l’inhibition, constitue un levier pertinent pour soutenir les apprentissages scolaires des élèves déplacés internes en contexte de vulnérabilité éducative.
Mots-clés : inhibition, fonctions exécutives, performances scolaires, renforcement, remédiation cognitive