Résumé Cette étude porte sur les effets de la pratique quotidienne d’une première langue à tradition orale sur l’apprentissage de la langue française. Trois groupes de sujets de niveau CM2, dont un composé de natifs français et les deux autres de natifs gabonais, différant par leur fréquence d’usage du français, ont été soumis à deux tâches manuscrites, dites d’insertion de pronoms (que, dont, où). L’analyse de leurs performances, exprimées en taux d’erreurs, indique que le groupe des natifs gabonais, faisant un usage peu fréquent du français, fait, significativement, plus d’erreurs que les deux autres groupes, lors de l’usage des pronoms « que » (F(2,189)= 6,15, p < .0001) et « dont » (F(2,189)= 5,05, p < .05). En revanche, les trois groupes de sujets ont des performances sensiblement identiques pour l’usage du « où » (F(2,189)= 0,23, n.s.). En somme, cette étude rend compte des possibilités de transfert de connaissances entre deux langues de nature très différente, du fait, entre autres, de l’existence d’un médium d’expression, essentiellement oral pour l’une, tandis que l’autre en bénéficie de deux (oral et écrit). Cette différence se trouve particulièrement renforcée dans cette étude, qui porte sur le maniement des marqueurs de cohésion, relevant plus de la pratique du discours écrit, que de celle du discours oral.