Le ministère de l’Éducation nationale en Algérie décide, en 1995, pour répondre à la pression qu’exercent, depuis le début des années quatre-vingt, les défenseurs de la langue et de la culture berbères, d’introduire l’enseignement du berbère dans le système éducatif. Cette décision inaugure sur le plan symbolique et didactique un processus nouveau. Pour la première fois l’école algérienne doit enseigner une langue maternelle (ou première) ; cette langue maternelle minoritaire (par rapport à l’arabe dialectal), et toujours minorisée au cours de son histoire, n’a jamais fait l’objet d’une planification en contexte institutionnel.