Après une forte mobilisation dans les réseaux sociaux, les jeunes malgaches sont descendus dans les rues pour manifester leur mécontentement par rapport aux coupures d’eau et d’électricité à partir du 25 septembre 2025. Soutenus par une part importante de la population, les actions sur terrain de la Gen Z et les échos de celles-ci dans les réseaux sociaux, dont notamment Facebook, ont précipité la chute du régime en place après seulement deux semaines de contestation. Ce fait sociopolitique démontre que les interactions virtuelles influent inévitablement sur le rapport gouvernants-gouvernés. Cette imbrication croissante du virtuel dans la démocratie moderne, parfois qualifiée de démocratie virtuelle, s’explique par la vulgarisation des TIC auprès des ménages. En effet, en 2025, près d’un malgache sur trois est connecté. Dans ces contextes, on assiste à une nouvelle façon de tisser des liens sociaux de telle manière que les citoyens-connectés, sous certaines conditions, protestent ensemble grâce à leur solidarité virtuelle. A travers les interactions de grande envergure dans les réseaux sociaux, les membres de la communauté virtuelle éprouvent un sentiment mutuel favorable plus ou moins intense sans se connaître dans la vie réelle. Ceux-ci s’informent en direct (en Live), tout en interagissant aux actus et en émettant des opinions par des « likes », réactions, commentaires et partages. Le fait d’être informés quasiment au même moment et d’interagir en continu par rapport aux actus permet aux citoyens-connectés d’éprouver de l’émotion collective, ce qui renforce la lutte en dépit de la répression des autorités et des violences policières. C’est dans cette dynamique que s’inscrit le mouvement Gen Z qui fait l’objet du présent article. Mots-clés : Gen Z, solidarité virtuelle, réseaux sociaux, communauté virtuelle, citoyens-connectés, émotion collective, démocratie virtuelle