Le suffixe -ile, commun dans les langues bantu, présente dans de nombreuses langues et particulièrement dans les langues du groupe appelé Bantu Botatwe, des problèmes interprétatifs complexes. Ces dernières langues, tout en montrant que le suffixe a suivi une trajectoire de grammaticalisation assez commune, allant du résultatif à l’antérieur, au perfectif ou au passé simple, montrent aussi que le suffixe y assume de nombreuses fonctions dans la structure informative. Ainsi en totela (K41), le suffixe assume un rôle essentiel pour la pertinence du discours, alors qu’en tonga (M64), sa présence contredit ou corrige une proposition du contexte discursif. Le présent article soutient l’hypothèse selon laquelle ces fonctions et toutes celles que présente -ile dans le groupe Bantu Botatwe, peuvent être dérivées à partir d’une origine résultative et que, pour la reconstruction sémantique de -ile en bantu, il devrait être tenu compte de la nature pragmatique et structurante du résultatif lui-même.