Cet article s’inscrit dans une dynamique d’attirer l’attention des autorités sur un phénomène qui prend de l’ampleur et crée par la même occasion des fissures sur la stabilité sociopolitique au Mali. En effet, la diffusion des fake news prend de l’ampleur à tel point que l’on n’arrive plus à distinguer le vrai du faux en termes d’information. Cela constitue un danger pour les populations, particulièrement les plus jeunes qui sont les plus exposés au phénomène. Ainsi, compte tenu de la sensibilité de la problématique, nous avons opté pour une démarche mixte qui consiste dans un premier lieu à interroger les professionnels de l’information et les organismes de régulation de l’information et de la communication. Ensuite, les populations ont été associées afin d’obtenir leurs opinions sur la question. Il ressort des résultats, qu’en plus de la multiplicité des canaux de diffusion de l’information, les réseaux sociaux sont aujourd’hui les plus utilisés et plus particulièrement par la jeunesse qui y voit plutôt un moyen de s’informer constamment de la gestion du pays. Cela n’est pas sans conséquence, car vu la facilité d’accès, ils sont devenus plutôt un moyen de propagande et de diffusion de données de toute nature tendant à influencer l’opinion et créer un écart entre gouvernants et gouvernés. Cette situation exacerbe les clivages entre soutien des autorités et critiques aux autorités, entre les différentes confessions religieuses et menace le vivre ensemble. Face aux impacts négatifs de ces fake news sur la stabilité sociopolitique au Mali, il est impératif que les autorités prennent conscience du danger du phénomène et réagissent en cadrant les médias numériques et en insistant sur la sensibilisation et l’éducation à la citoyenneté déjà amorcée par le département de la jeunesse et de la construction citoyenne.