Depuis qu’elle a été introduite en Afrique au xixe siècle, l’éducation de type occidental a joué un rôle fondamental dans l’avènement de l’Anthropocène, façonnant les caractères et les aspirations des jeunes et facilitant leur incorporation dans la bioéconomie mondiale. Dans les zones rurales du Sud global, cependant, un grand nombre de jeunes se trouvent actuellement en situation de ne représenter qu’un surplus inutile par rapport aux besoins de l’économie mondiale contemporaine, mais également aliénés de la vie rurale du fait de l’enseignement scolaire et de conditions climatiques de plus en plus hostiles. Dans cet article, nous décrivons les résultats d’une intervention au cours de laquelle 34 étudiants-enseignants ont mené une recherche-action dans des écoles rurales au Lesotho, cherchant à accroître le sens de l’enseignement pour les apprenants ruraux. Si ces futurs enseignants ont trouvé des solutions pour impliquer leurs élèves dans le curriculum, leurs interventions ont eu tendance à renforcer le rôle conventionnel de la scolarité plutôt qu’à suggérer des pistes de travail plus transformatrices.