International audience
Les premières Aires Marines Éducatives (AME) sont apparues aux Îles Marquises en 2012 et représentent une petite zone littorale gérée par les élèves d’une école primaire ou d’un collège. Considérées un « véritable » outil d’éducation à l’environnement et d’entrée dans les apprentissages à travers des activités proposées en dehors de la classe, les AME ne cessent de se multiplier sur l’ensemble du territoire, y compris dans les territoires d’outremer. Ces AME se retrouvent actuellement au cœur des stratégies nationales pour la préservation de la biodiversité au point que, l’ancienne première Ministre chargée de la planification écologique et énergétique, Mme Elisabeth Borne en visite au Parc national de forêts en Côte d’Or le 26 mai 2023 à l’occasion de la fête de la nature a annoncé que d’ici 2030 les Aires Éducatives passeront de 1000 à 18000. Cette communication porte sur les résultats du projet de recherche AQUAMARINE qui interroge la pertinence de la multiplication des AME dans des contextes « extraordinaires » comme peut l’être celui de Mayotte où les problématiques environnementales se superposent aux problèmes socioéconomiques et politiques : pression migratoire importante, problème d’insécurité, grande pauvreté d’une partie de la population, inégalités d’accès aux soins, etc. Dans ces conditions, on tentera de répondre aux questions suivantes : Que signifie protéger la nature à Mayotte où l’hyper-environnementalisme (Gentilucci, Stoica, 2024) est de plus en plus présent ? En quoi le dispositif des AME permet-il des « changements de comportements » des populations visées ? Dans quelle mesure les associations de protection de l’environnement sont-elles impliquées et mobilisées dans ce dispositif ? Le manque d’enseignants formés et leur turnover impacte-t-il la mise en place et le développement des aires marines éducatives ?