Cette étude qui s'appuie sur des textes de tradition orale tupuri recueillis et transcrits sur le terrain étudie la façon dont les Tupuri du Tchad élaborent la notion d'espace symbolique, en s'attachant en particulier à l'étude des « bois sacrés » jak-sir. Après une introduction sur le territoire, la mobilité historique et la segmentation lignagère tupuri, l'auteur an la constitution du « bois sacré » jak-sir, en remarquant : 1) le passage de l'objet concret (arbre) à l'objet abstrait, symbolique (arbre sacré) ; 2) la délimitation spatiale de l'objet symbolique (lieu sacré). Ces deux actions sont à la base de la notion conceptuelle de ce terme. à propos du « bois sacré » le passage d'un objet ordinaire à un objet investi rituellement. Une description de l'organisation de l'espace villageois conclut cette étude. En tant que zone de contact entre deux mondes - celui des vivants et celui des ancêtres -, le « bois sacré » est donc le lieu de production de l'identité lignagère tupuri.