L'intelligence artificielle (IA) présente un potentiel significatif pour transformer l'apprentissage des langues chez les étudiants en situation de handicap au Maroc. Cependant, son implémentation se heurte à un contexte socio-éducatif d'une double complexité. Les étudiants marocains sont déjà confrontés à des barrières linguistiques systémiques dues au plurilinguisme (Darija, Amazighe, Arabe Standard, Français) , une situation qui, superposée au handicap, crée une "ouble peine". Parallèlement, le cadre national de l'éducation inclusive, bien qu'ambitieux, souffre d'un écart important entre les objectifs politiques et les réalités de terrain, marquées par le manque de formation et de ressources.
Cet article analyse les technologies d'assistance basées sur l'IA (outils d'accès, de compréhension et de personnalisation) et évalue leur applicabilité. L'analyse révèle des défis majeurs, notamment un "paradoxe de l'inclusion vocale" : les technologies vocales (ASR/TTS), cruciales pour les handicaps sévères , sont les moins développées pour les langues vernaculaires marocaines (Darija, Amazighe). D'autres obstacles incluent la fracture numérique , un déficit dans la formation pédagogique des enseignants à ces outils , et l'absence d'un cadre éthique et réglementaire national dédié à l'IA dans l'éducation.