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La non-pratique des mutilations génitales féminines à Conakry, en Guinée : Études de cas et recommandations pour une génération sans mutilations

Domaine:

healthcare

Type de record:

paper
Créateur:
Dou
Éditeur:
McGMcGGro
Éditeur:
McG
Hôte:avatar
Groleau, Danielle (Supervisor) "This thesis centers on the non-practice of female genital mutilation (FGM) in Conakry, Guinea, with the aim of making recommendations for a generation without mutilation. Background. FGM can be harmful to girls’/women’s health. In Guinea, the prevalence of FGM is very high and social pressure to have girls cut is strong. The practice of FGM is justified by sociocultural arguments, such as the belief that it would guarantee girls/women's appropriate sexual behavior. Numerous studies have identified the sociocultural determinants of this tradition, but so far, in a national context where FGM is highly practiced, virtually none have focused on people refusing to have their daughters cut. The profile of the minority of Guineans who do not practice FGM is not well known, and their justifications are unknown. This doctoral thesis therefore aims to explore: 1) the demographic and sociocultural profiles, views, and experiences of women and men of different generations who do not practice FGM in the sociocultural context of Conakry¾where the prevalence of FGM is almost universal¾, including the conditions that allowed them to enact their decision; and 2) the roles and perspectives of Guinean men regarding the practice/non-practice of FGM. This dissertation also aims to discuss the issues of the practice and non-practice of FGM for mental health. Finally, the ultimate goal of this thesis is to make recommendations for a generation without FGM. Methods. For this study, I used the methodology of "focused ethnography". The data presented in this thesis are based on fieldwork that was conducted in January-February 2019 in Conakry, the capital of Guinea, with a sample of 58 participants. For Phase 1, I conducted semi-structured individual interviews to explore the profiles, views and experiences of 18 women and 12 men of different generations (young adults, parents, grandparents) who abandoned the practice of FGM. For Phase 2, I conducted group interviews with an additional 16 women and 12 men, to validate and enrich the data. Results. I found that participants 1) do not disclose their non-practicing status in the same way, and 2) have different experiences with social pressure. I created a typology to describe participants as per their various profiles and experiences, which we named as: 1) the “activists”, 2) the “discrete”, 3) the “courageous”, 4) the “strategists”. Moreover, participants included in this study revealed that FGM: 1) does not prevent adolescent girls or married women from being sexually active outside of marriage; 2) may impair couples’ sexual satisfaction, and thus lead to divorce or polygamy; and 3) may reduce women's ability to have multiple children, because of the increased risk of infertility or obstetric complications. Furthermore, participants reported that many Guineans fear that the promotion of FGM abandonment is a Western plot to eradicate their culture. I have presented these findings in two scientific articles. Discussion. Wanting to stop practicing FGM is not enough. The main empowering conditions allowing people to enact their decision not to have their daughters undergo FGM are: benefiting from social support (positive social capital), or being financially independent from the traditional solidarity network (sufficient economic capital). Furthermore, based on participants’ accounts, I argue that despite the widespread belief, FGM misses its sociocultural target of safeguarding the symbolic capital (i.e., honor) of women and their families. In addition, the general discussion of my thesis focuses on: the different perspectives on the practice/non-practice of FGM in Guinea on what is "intolerable", and the social tensions they generate; and the mental health issues related to the practice and non-practice of FGM in the sociocultural context of Conakry. Finally, I propose several avenues for strategies aimed at promoting the abandonment of FGM practice in Conakry, which include: increasing the sources of power of individuals/families so that they can enact their decision not to practice FGM; proposing messages to promote the abandonment of FGM that are culturally grounded; and giving careful thought to the design of these approaches in order to promote the optimal mental health of girls and their parents. Conclusion. This study was the first to explore the experience of people who do not practice FGM in the context of high FGM prevalence and social pressure of Guinea. The results and recommendations of this research can inform strategies for FGM abandonment and therefore contribute to improving or developing intervention strategies that promote the health and well-being of girls and women. Finally, this study contributes to the field of global mental health. "@eng "Cette thèse porte sur l’exploration de la non-pratique des mutilations génitales féminines (MGF) à Conakry, en Guinée, dans le but d’émettre des recommandations pour une génération sans mutilations. Contexte. Les MGF peuvent nuire à la santé des filles/femmes. En Guinée, la prévalence des MGF est très élevée et la pression sociale pour faire exciser les filles est forte. La pratique des MGF est justifiée par des arguments socioculturels, comme la croyance que cela assurerait les comportements sexuels adéquats des filles/femmes. Plusieurs études ont identifié les déterminants socioculturels de cette tradition, mais jusqu'à présent, dans un contexte national où les MGF sont très pratiquées, pratiquement aucune n'a porté sur les personnes refusant de faire exciser leurs filles. Le profil de la minorité de Guinéens qui ne pratiquent pas les MGF est peu connu, et leurs justifications sont inconnues. Cette thèse doctorale vise donc à explorer : 1) les profils démographiques et socioculturels, les points de vue et les expériences de femmes et d’hommes de différentes générations qui ne pratiquent pas les MGF dans le contexte socioculturel de Conakry – où la prévalence des MGF est quasi universelle –, incluant les conditions qui leur ont permis de mettre en œuvre leur décision ; et 2) les rôles et perspectives d’hommes guinéens relativement à la pratique/non-pratique des MGF. Cette thèse a aussi pour but de discuter des enjeux de la pratique et de la non-pratique des MGF pour la santé mentale. Enfin, l’objectif ultime de cette thèse est d’émettre des recommandations pour une génération sans MGF. Méthodes. Pour cette étude, j’ai utilisé la méthodologie de « l'ethnographie focalisée ». Les données présentées dans cette thèse s’appuient sur un travail de terrain qui a été effectué en janvier-février 2019 à Conakry, capitale de la Guinée, auprès d’un échantillon de 58 participants. Pour la Phase 1, j’ai mené des entretiens individuels semi-structurés pour explorer les profils, points de vue et expériences de 18 femmes et 12 hommes de différentes générations (jeunes adultes, parents, grands-parents), qui ont abandonné la pratique des MGF. Pour la Phase 2, j’ai mené des entretiens de groupe avec 16 femmes et 12 hommes supplémentaires, qui ont permis de valider et d'enrichir les données. Résultats. J’ai constaté que les participants 1) ne divulguent pas tous leur statut de non-pratique, et 2) ont différentes expériences de pression sociale. J’ai créé une typologie pour les décrire selon leurs différents profils et expériences, et les ai surnommés ainsi : 1) « militants », 2) « discrets », 3) « courageuses », 4) « stratèges ». De plus, les participants de cette étude considèrent que les MGF : 1) n'empêchent pas les adolescentes ou les femmes mariées d'être sexuellement actives en dehors du mariage ; 2) peuvent nuire à la satisfaction sexuelle des couples, et par conséquent conduire au divorce ou à la polygamie ; et 3) peuvent réduire la capacité des femmes à avoir plusieurs enfants, en raison du risque accru d'infertilité ou de complications obstétricales. En outre, les participants ont rapporté que de nombreux Guinéens craignent que la promotion de l'abandon des MGF soit un complot occidental visant à éradiquer leur culture. J’ai présenté ces résultats dans deux articles scientifiques. Discussion. Vouloir abandonner la pratique des MGF ne suffit pas. Les principales conditions permettant aux participants de mettre en oeuvre leur décision de ne pas faire exciser leurs filles sont : bénéficier de soutien social (capital social positif), ou être financièrement indépendants du réseau de solidarité traditionnel (capital économique suffisant). De plus, sur la base des témoignages des participants, je soutiens qu'en dépit de la croyance répandue, la pratique des MGF rate sa cible socioculturelle de sauvegarder le capital symbolique (c.-à-d. l'honneur) des femmes et de leurs familles. En outre, la discussion générale de ma thèse porte sur : les différentes perspectives relatives à la pratique/non-pratique des MGF en Guinée sur ce qui constitue des « intolérables », et les tensions sociales qu’elles génèrent ; et les enjeux pour la santé mentale relativement à la pratique et à la non-pratique des MGF dans le contexte socioculturel de Conakry. Enfin, je propose plusieurs pistes pour les approches de promotion de l’abandon de la pratique des MGF à Conakry, qui incluent notamment : d’augmenter les sources de pouvoir des individus/familles pour qu’ils puissent mettre en œuvre leur décision de ne pas pratiquer les MGF ; de proposer des messages de promotion de l’abandon des MGF qui sont culturellement ancrés ; et de bien réfléchir à la conception de ces approches afin de favoriser la santé mentale optimale des filles et de leurs parents. Conclusion. Cette étude a été la première à explorer l'expérience de personnes qui ne pratiquent pas les MGF dans le contexte de forte prévalence des MGF et de pression sociale de la Guinée. Les résultats et recommandations de cette recherche peuvent guider les stratégies d'abandon des MGF, et ainsi contribuer à l’amélioration ou au développement de stratégies d'intervention qui favorisent la santé et le bien-être des filles et des femmes. Enfin, cette étude contribue au domaine de la santé mentale mondiale. "@fre

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