Cet article, issu d?une ?tude men?e au sein du Groupe de
Recherches Mat?rialistes, vise ? critiquer la matrice id?ologique
neocolonialiste du c?l?bre et controvers? discours que Nicolas Sarkozy tint ?
Dakar en 2007. Les th?ses de l?ancien Pr?sident de la R?publique Fran?aise
sont d?embl?e reconduites aux st?r?otypes colonialistes, puis d?construites ?
partir de l?invitation ? revenir sur cette page de l?histoire formul?e par
Makhili Gassama, ancien conseilleur de Senghor. Tout en reconnaissant la
complicit? d?une grosse partie des politiciens africains dans le partage et
saccage de leur continent et dans les guerres qui les traversent, l?article
veut contrecarrer le discours de Sarkozy par les paroles de trois
repr?sentants les plus significatifs du panafricanisme: Kwame Nkrumah,
Patrice Lumumba et Thomas Sankara. Ces trois hommes politiques ont d?nonc?
avec fermet? les int?r?ts ?conomiques n?ocoloniaux qui emp?chent une
v?ritable ind?pendance de l?Afrique. Il s?agit en outre de souligner que
l?oblit?ration et le refoulement des souffrances provoqu?es par la
colonisation au sein des pays de l?occident sont l?indice de l?acceptation
par la majorit? de leurs populations de l??tat des choses en Afrique, qui est
ainsi, en quelque sorte, naturalis?. Cette acceptation tacite constitue une
condition fondamentale de la reproduction quotidienne du dispositif
pacificateur de domination au sein du monde d?velopp?. Les maux de l?Afrique
trouvent leur cause alors moins dans une attitude de l?homme africain que
dans un syst?me de domination ?conomique et id?ologique assur? par les
institutions internationales tels que l?ONU, la Banque mondiale ou le FMI.