L’article explore, dans une perspective psychanalytique, la notion de hasina – variante malgache du mana associant ou condensant la monnaie rituelle lors de l’ancien rite du « Bain royal », la parole politique, le regard comme instrument de domination politique – et ses prolongements actuels dans les rites d’exhumation des morts et les parcours généalogiques ancestraux lors des alliances, c’est-à-dire dans la reproduction sociale des groupes. La dimension inconsciente du hasina défini comme noyau originaire du pouvoir et éviction de l’omnipotence narcissique viendrait s’actualiser dans les rites en répétant, par sa figuration in situ, le mythe oublié, conférant ainsi une identité collective aux groupes, dont l’ancêtre mort est le pivot.