Dès les premiers témoignages des explorateurs européens dans le sud-est de Madagascar, on constate que quelques hommes appartenant à une lignée Zafiraminia ou à des clans nobles de la tribu des Antemuru, gardent l'usage de l'écriture arabe, et conservent des manuscrits considérés comme les trésors sacrés de leur groupe social. Le respect de ces volumes n'a pas interdit leur divulgation. Il n'empêche pas non plus la tradition de se perdre. L'étude des manuscrits arabico-malgaches donne des indications historiques : le papier a été diffusé à partir du Xe siècle de l'ère chrétienne ; l'écriture écarte l'hypothèse du passage par l'Afrique orientale ; la transcription fait penser que ce ne sont pas des arabes qui se sont installés à Madagascar, mais que des Malgaches ont appris une graphie étrangère. Ces scribes ont donné un aspect musulman à des traditions rappelant l'arrivée d'immigrants indo-javanais. Parmi les Antemuru qui maintiennent l'usage de l'écriture arabe, des astrologues perpétuent un calendrier luni-astral. Certains manuscrits ont un caractère historique incontestable, mais ne donnent de renseignements que sur une période limitée. Par la description du passé, le récit justifie les alliances qui créent des liens sociaux. Il est donc inutile de narrer les événements récents, depuis la révolte des roturiers contre les nobles, qui ont détruit l'ancienne société.