En vue des résultats des lectures basées sur les monosyllabes et leurs polysémie on peut comprendre plus profondément la réalité des textes. Dans toute approche, les traductions ne peuvent se passer ni des données archéologiques ni de la tradition écrite. On parle des fêtes mycéniennes comme une manière de légitimation du pouvoir royal. Mais il faut remarquer que la religion a été l'outil fondamental utilisé par les gouvernants de l'âge du bronze, dans toutes les cultures, pour exercer cette légitimation. Comme on peut le constater dans la fresque du palais de Pylos, la procession est dirigé par une figure identifiée comme le « roi », mais n'oublions pas qu'il est suivi par le taureau, ce qui semble être l'image divine de son « double ». On peut soupçonner que les porteurs de cistes amènent la semence alors que les porteurs des coffrets apportent les cendres du taureau (ou l'écume marine laissée sur la plage qui, avec le foyer, était le lieu possible où le sacrifice pouvait se dérouler) pour les consacrer. Les deux éléments constituent une base pour la renaissance divine, l'épiphanie qui a du être complétée dans un lieu concret : le trône, comme suggère la tablette PY 245=TA 721.
Les tablettes de Pylos de la série Ta 714, 707 et 721 sont un autre exemple de la mécompréhension du Linéaire B. Selon l'interprétation de Ventris et Chadwick, il s'agirait de listes de mobilier du palais de Pylos, similaires à celles de la tombe de Toutankhamon, ressemblance qui s'étendait, selon eux « à la phraséologie des annotations de Carter », c'est-à-dire, dans le style le plus pur des annotations de l'archéologue sur cette magnifique découverte . Voici par exemple l'interprétation de Chadwick de la tablette PY 244=Ta 714 : une chaise, incrustée d'or et d'argent, de l'or sur le dos, avec des incrustations de figures d'hommes, les chiffres de l'or, avec une autre... d'or, d'or et de griffons..., plus un tabouret incrusté d'argent et d'or, etcetera. On peut dire que les auteurs ont réussi à imiter le style de l'archéologue, mais on est loin de la compréhension des textes en Linéaire B. L'évidence archéologique sur la réalisation des cérémonies à Pylos est si abondante que cette interprétation proposée par Chadwick a été le motif pour une interprétation selon laquelle ces tablettes enregistrent l'équipement nécessaire pour des célébrations de la nomination d'un nouveau chef du bureau, comme l'a proposé J. T. Killen, qui les associe aussi aux kylix en miniature trouvés dans le palais . Ici nous proposons une autre interprétation, selon l'analyse de la polysémie et des monosyllabes, ce qui donne la traduction de compositions qui ont été créés à partir de la répétition de certaines formules, comme to-no, a-ja-me-no, ku-ru-so, ta-ra-nu, e-re-pa-te-jo, 85*de-pi.