Sous l’effet combiné de l’amélioration de la lutte anti-vectorielle, du diagnostic rapide des infections plasmodiales, des traitements efficaces et les changements socioéconomiques, le paludisme a régressé depuis 2010 dans toutes les régions du monde (OMS, 2020). Toutefois au Burkina Faso, le paludisme affecte plus les enfants et demeure la première cause de leurs décès (Ministère de la santé, 2018). Cette étude vise à contribuer à une meilleure connaissance de l’évolution du paludisme chez les enfants et des facteurs qui sont à l’origine de la persistance dans le temps de cette maladie. Les données utilisées sont issues de l’EDS-MICS-IV 2010, l’EIPBF 2014 et de l’EIPBF 2017-2018. L’analyse descriptive (décomposition) et l’analyse explicative (régression logistique binomiale) ont été utilisées pour atteindre nos objectifs. Les analyses descriptives, à travers la décomposition de la baisse de la morbidité palustre des enfants, indiquent que ce sont les changements de comportement qui ont entrainé cette baisse plutôt que la structure des différentes catégories sociales. Ces changements de comportement, qui sont favorables à la baisse du paludisme, sont attribuables aux politiques généralisées. Par ailleurs, les analyses multivariées explicatives indiquent que 7 facteurs persistent dans la détermination du risque de paludisme à n’importe qu’elle année d’étude sur le phénomène : le milieu de résidence, la religion de la mère, le niveau de vie du ménage, le type de lieu d’aisance, le principal matériau du mur, l’exposition aux médias de la mère et l’âge de l’enfant. Les autres facteurs ne sont pas significatifs simultanément aux trois années d’étude. Ainsi, les interventions antipaludiques doivent mettre un accent particulier sur les facteurs persistants.
Under the combined effect of improved vector control, rapid diagnosis of plasmodial infections, effective treatments, and socioeconomic changes, malaria has declined since 2010 in all regions of the world (WHO, 2020). However, in Burkina Faso, malaria affects more children and remains the leading cause of death (Department of Health, 2018). This study aims to contribute to a better understanding of the evolution of malaria in children and the factors that are responsible for the persistence of this disease over time. The data used are from the 2017-2018 IPBES, the 2014 IPBES, and the 2010 DHS-MICS-IV. Descriptive analysis (decomposition) and explanatory analysis (binomial logistic regression) were used to achieve our objectives. The descriptive analyses, through the decomposition of the decline in malaria morbidity among children, indicate that it is behavioral changes that have led to this decline rather than the structure of the different social categories. These behavioral changes, which are conducive to malaria reduction, are attributable to generalized policies. Furthermore, explanatory multivariate analyses indicate that 7 factors persist in determining malaria risk in any given year of study: residence, mother's religion, household standard of living, type of toilet, main wall material, mother's media exposure, and child's age. The other factors were not significant simultaneously in all three years of the study. Thus, malaria interventions should focus on persistent factors.