Objectif de l’étude : Cette étude vise à évaluer l’influence des paiements informels sur la motivation du personnel de santé et, par son intermédiaire, la performance des formations sanitaires publiques en RDC.
Méthodologie : Une enquête transversale a été menée auprès de 2331 prestataires de santé dans des formations sanitaires publiques. Les données ont été collectées via un questionnaire structuré auto-administré, ce qui implique une possible sensibilité aux biais de désirabilité sociale et ont été analysées à l'aide du logiciel SPSS version 26.0. Des analyses descriptives, des tests de fiabilité, des analyses factorielles exploratoires, des tests de comparaison, des corrélations et des régressions linéaires multiples ont été réalisés.
Résultats : Les paiements informels sont largement répandus : 84,5% des répondants reconnaissent que ces pratiques sont connues du personnel et 78,7% rapportent que des remerciements en espèces sont sollicités. L'Alpha de Cronbach (0,924) indique une excellente fiabilité. L'ACP révèle cinq dimensions expliquant 71,38% de la variance. Les paiements informels sont négativement corrélés avec la motivation intrinsèque (r=-0,438, p<0,001) et la performance perçue (r=-0,401, p<0,001). La régression montre que les paiements informels expliquent 28,4% de la variance de la motivation (R²=0,284, p<0,001).
Contribution Unique à la Théorie, aux Politiques et à la Pratique : Cette étude établit empiriquement le lien causal entre les paiements informels, l'érosion de la motivation intrinsèque et la dégradation de la performance des formations sanitaires publiques en RDC, mobilisant les théories de l'autodétermination et Principal-Agent dans un contexte de fragilité institutionnelle. Ces résultats sont toutefois à interpréter avec prudence en raison du caractère transversal et auto-déclaré des données, qui ne permet pas d’établir une causalité définitive et expose à des biais de désirabilité sociale.