Cette photographie a été prise durant l'année 1986, au Moyen-Orient, par Samia Naïm, directrice de recherche émérite au CNRS, dans le cadre d'une enquête linguistique de terrain, pour documenter l'arabe yéménite, et plus précisément le dialecte de Sanaa. Le dialecte de Sanaa appartient au groupe dialectal du nord des hauts plateaux et se caractérise par un ensemble de traits dits "conservateurs" : réalisation vélaire sonore /g/ de l’uvulaire *q et préservation des interdentales ; maintien des voyelles brèves de l’arabe ancien et classique ; distinction des genres dans les formes verbales et pronominales ; relative stabilité du schème IV de dérivation verbale, et préservation des constructions synthétiques, par exemple dans l’encodage de la possession.
Cliché pris par Samia Naïm, en 1986, au cours de ses enquêtes linguistiques de terrain au Moyen-Orient, Yémen, dans la ville de Sanaa. Sur les hauts plateaux, notamment à Sanaa, le principal repas de la journée est celui de midi. En fonction des saisons, on privilégie les bouillies de céréales (gruaux d'orge préparés avec du lait, du thym et des épices ou gruaux de froment dilués et agrémentés de graisse et de bouillon de viande) ou les plats de légumes frais (tomates écrasées relevées de menthe, de coriandre, d'ail, de sel et d'épices ; ragoût de cornes grecques – variété de gombo – ou d'aubergines, radis blanc) et les mets nappés de lait ou de babeurre. En toute saison, le plat principal est à base de farine de fenugrec ħilbah (Trigonella foenum-graecum).Cannelle, clou de girofle, poivre, sel, cumin, gingembre, piment, curcuma entrent dans la composition des mets salés ou sucrés et des variétés de pain, mais aussi de la boisson giʃr à base de décoction d'écorces de café, qui est plus communément consommée que le café gahwah. Cette boisson est rehaussée de cannelle, de poivre et de clous de girofle. Les mélanges d'épices spécifiques aux différentes préparations sont généralement apprêtés à la maison, mais on peut aussi se les procurer prêts au souk.