International audience
In Burkina Faso, the education system is not producing good results according to experts. This situation is largely linked to the French language, a second language used exclusively to transmit knowledge to learners who have their own language. The prospect of a bilingual school combining the learner's first language and French is currently under consideration. While the idea of introducing the child's language remains relevant, it is important to note that prejudices and opinions have developed against any policy aimed at integrating the learner’s first language into the school system. The objective of this study is to examine how Burkinabè linguists construct a metalinguistic discourse aimed at deconstructing these opinions and the obstacles raised to demotivate those responsible for promoting national languages. Based on a theoretical examination of the work of three Burkinabè linguists, and adopting a polyphonic approach to discourse, it appears that the discursive activity of deconstructing representations hostile to national languages employs various enunciative strategies and highlights a range of prejudices, constructed by both intellectuals and popular opinion.
Au Burkina Faso, le système éducatif ne produit pas de bons résultats selon les experts. Cette situation est en grande partie liée à la langue française, langue seconde utilisée exclusivement pour transmettre des connaissances à des apprenants ayant leur propre langue. La perspective d’une école bilingue associant la langue première de l’apprenant et le français est d’actualité. Si l’idée d’une introduction de la langue de l’enfant reste pertinente, notons que des préjugés et des opinions se construisent contre toute politique tendant à intégrer la langue première de l’apprenant à l’école. L’objectif de cette étude est d’examiner comment les linguistes burkinabè construisent un discours métalinguistique dans une perspective de déconstruction de ces opinions et de ces blocages brandis pour démotiver les acteurs en charge de la promotion des langues nationales. À partir d’un examen théorique des productions de trois linguistes burkinabè, dans une approche polyphonique du discours, il ressort que l’activité discursive de déconstruction des représentations hostiles à la langue nationale convoque diverses stratégies énonciatives et actualise une variété de préjugés construits aussi bien par des intellectuels que par l’opinion populaire.