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« Présence des pauvres. La fouille de texte dans les sources de langue arabe du Maroc moderne (XVIIIe-XIXe siècles) »

Type de record:

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Créateur:
Per
Éditeur:
CenCen
Éditeur:
CCSDAss
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International audience يقدم هذا المقال تجربة التنقيب عن النصوص، أي البحث من خلال الكلمات المفتاحية، في مجموعة من المصادر من المغرب الحديث: المراسلات الإدارية لباشا فاس (القرن التاسع عشر)، الطبقات، المناقب، الأخبار أو الحوليات، ثلاثة نصوص مؤلفة بين القرنين الثامن عشر والتاسع عشر. من خلال البحث عن وجود الفقراء في هذه النصوص المستخرجة من المخطوطات، تظهر هذه الدراسة وجود ثقافة مشتركة حول تَمَثُّلاَت الفقر على الرغم من عدم التجانس الجغرافي والموضوعي لهذه المصادر. يحتل الفقراء وظيفة تنويرية في روايات حياة الأولياء والسلاطين والعلماء، كنموذج ديني وتمثيل سياسي للشعب. كتجربة أولى من مشروع أكبر، فإن التنقيب عن النصوص، على الرغم من محدوديته، يقدّم مثالًا جديدًا على اهتمام هذه المصادر بالتاريخ الاجتماعي للمغرب. This paper presents an experiment in text mining – i.e. keyword searching – on a corpus of sources from early modern Morocco: the administrative correspondence of a pasha of Fez (19th century), a biographical dictionary, a hagiography and a dynastic chronicle, three texts written between the 18th and 19th centuries. By investigating the presence of the poor in these texts extracted from manuscripts, this study highlights a common representation of poverty despite the geographical and thematic heterogeneity of these sources. The poor play an edifying role in accounts of the lives of saints, sultans and scholars, as a religious model and as a political representation of the people. As a first experiment in a wider project, text mining, despite its limitations, further illustrates the relevance of these sources for the social history of Morocco.

Présence des pauvres. La fouille de texte dans les sources de langue arabe du Maroc moderne (XVIII e -XIX e siècles) En 1989, l'historien marocain Abdelahad Sebti regrettait l'attraction irrésistible que le XIX e siècle avait exercé sur ses collègues dans les décennies suivant l'indépendance, au point de monopoliser plus ou moins la production historiographique marocaine. Parmi les raisons de cette séduction, on trouve l'abondance d'archives produites par l'entrée du Maroc dans le capitalisme international au sein des chancelleries ou des chambres de commerce. Il déplorait que les sillons creusés par Jacques Berque dans une démarche d'anthropologie historique aient été si vite abandonnés : les sources hagiographiques restent peu exploitées en dehors de l'histoire religieuse, la distinction entre « événement » et « structure » épousant la séparation entre histoire textuelle et histoire fondée sur l'exploitation d'archives (Sebti, 1989). On peut ajouter à ce constat que, depuis les travaux de Larbi et Mohammed Mezzine ou Bernard Rosenberger, l'époque moderne avant le XIX e siècle n'est pas la mieux représentée dans l'histoire du Maroc, période qui n'est gratifiée d'aucun historien ou presque en France depuis des décennies. Le XVIII e siècle en particulier est pourtant remarquable par ses contrastes : inauguré par les troubles qui suivent la mort de Mawlāy Ismāʿīl en 1727, il est également le siècle de la tranquillité (relative) retrouvée sous le long règne du sultan Muḥammad b. ʿAbd Allāh (1757-1790) (Lourido Díaz, 1978).