Ford, Lea Berrang (Internal/Supervisor) Il est anticipé que les changements climatiques vont engendrer un alourdissement du fardeau de l’insécurité alimentaire à l’échelle mondiale, et ce, particulièrement pour les populations qui dépendent de l’agriculture vivrière. On prévoit que l’Afrique sera affectée par une fréquence disproportionnelle d’évènements climatiques, dont des augmentations de température (2 à 4 °C), des sécheresses extrêmes et des précipitations imprévisibles. La dépendance de l’Afrique à l’égard de l’agriculture la rend particulièrement vulnérable aux effets de ces impacts. Les risques qu’encourent les populations autochtones sont d’autant plus importants, car ces groupes doivent composer avec des années de négligence gouvernementale, un manque d’accès aux ressources, la discrimination ethnique, la pauvreté extrême et leur dépendance envers une économie de subsistance. Les groupes autochtones éprouvent des niveaux de sécurité alimentaire invariablement inférieurs à ceux des populations non indigènes et ils sont plus souvent dépendants des ressources terrestres. Il y a par contre un manque de recherche empirique et d’études de cas portant sur l’impact des changements climatiques ou des conditions météorologiques sur la sécurité alimentaire des populations autochtones qui habitent les régions vulnérables du globe. Les Pygmées Batwas sont une population autochtone rurale du sud-ouest de l’Ouganda et ils forment un des groupes les plus pauvres de l’Afrique. En plus d’éprouver des taux importants de maladies, les Batwas font face à des barrières physiques et sociales qui les empêchent d’avoir accès à des soins de santé et à l’éducation. Ma thèse estime la prévalence, identifie les déterminants et examine le caractère saisonnier de l’insécurité alimentaire chez les Batwas de Kanungu. J’étudie aussi l’expérience vécue des Batwas relative à cette insécurité. Par l’entremise de données longitudinales provenant de sondages quantitatifs réalisés entre janvier 2013 et avril 2014 et avec l’aide d’un complément de données qualitatives cueillies pendant l’été de 2014, j’examine les limites des mesures existantes de l’insécurité alimentaire et j’étudie l’impact des variations saisonnières sur la sécurité alimentaire des Batwas. De manière homogène, les Batwa vivent dans l’insécurité alimentaire (97 %). Nos résultats suggèrent que les variations dans l’insécurité alimentaire peuvent être inadéquatement représentées dans les analyses qui utilisent les ménages, ou encore les communautés, comme unités. Ils indiquent aussi qu’il est probable que la variation dans la sécurité alimentaire ainsi que ses déterminants principaux et, par conséquent, les points d’entrées appropriés pour les interventions se trouvent plutôt à une échelle régionale. Par ailleurs, les données quantitatives et qualitatives montrent que les variations saisonnières constituent un déterminant significatif de l’insécurité alimentaire. La majorité des familles ont davantage de difficulté à acquérir suffisamment de nourriture pendant la saison sèche. Nos trouvailles démontrent davantage le rôle des facteurs sociaux dans la médiation de l’impact des saisons sur les résultats en matière de santé. De plus, nous avançons qu’il faut considérer les analyses d’insécurité alimentaire comme tributaires aux échelles utilisées et faire un usage croissant d’approches de modélisation à niveaux multiples pour déterminer les échelles d’analyse méthodologiquement appropriées et pertinentes pour les politiques d’intervention. Les résultats de cette enquête sont aussi compatibles avec les appels pour concevoir les rapports entre les changements climatiques et la santé des populations comme non stationnaires et médiés par des facteurs sociaux. Les méthodes mixtes deviendront impératives dans ce contexte, autant pour l’évaluation de la vulnérabilité que pour la planification de l’adaptation aux changements climatiques. Climate change is projected to increase the burden of food insecurity globally, particularly among populations that depend on subsistence agriculture. Africa is projected to experience a disproportionate frequency of climatic events, including increased temperatures (2-4ºC), extreme drought, and unpredictable precipitation as a result of climate change. Africa’s dependence on agriculture will make it particularly vulnerable to these impacts. Indigenous populations frequently face increased risk as a result of historical patterns of neglect by governments, colonialist legacies, lack of access to resources, ethnic discrimination, low employment, extreme poverty, and dependence on subsistence lifestyles. Indigenous peoples consistently experience lower levels of food security than their non-Indigenous counterparts, and are more likely to be dependent upon land-based resources. There is a lack of empirical or place-based research characterizing the extent to which Indigenous food security in vulnerable global regions is associated with climate change or weather. The Batwa Pygmies, a rural Indigenous population in southwestern Uganda, are one of the poorest populations in Africa, have a high burden of illness, and face both physical and social barriers accessing health care and education. Additionally, their reliance on agriculture and subsistence living, like elsewhere in rural Africa, results in a food system that is especially vulnerable to climate change impacts. My thesis estimates the prevalence, identifies determinants, and characterizes the lived experience of food insecurity and seasonal variation among the Batwa of Kanungu District, Uganda. In particular, I examined how food insecurity is measured and the extent to which it is impacted by seasonal variation among the Batwa, drawing on longitudinal data from quantitative surveys collected between January 2013 and April 2014, and supported by qualitative data collected during the summer 2014. The Batwa were homogenously food-insecure (97%). Our results suggest that variation in food insecurity may be poorly reflected in household-level, or even community-level, analyses, and that variation and key predictors of food security – and therein appropriate intervention entry points – are likely occurring at the regional scale. Seasonal variation was identified as a significant predictor of food insecurity in both the quantitative and qualitative data. Most families experienced more difficulty in acquiring sufficient quantities of food and reported eating lower quality foods during the dry season. However, several factors mediated the impact of seasonal variation, including employment, wealth and community location. The findings support the role social factors play in mediating seasonal impacts on health outcomes, in this case food security. Further, food insecurity analysis should be considered scale-dependent, with increased use of multilevel modeling approaches to identify methodologically-appropriate and policy-relevant scales of analysis. This research is consistent with calls to treat climate associations with health outcomes as non-stationary and mediated by social sensitivity. Mixed methods research will be imperative within this context as a component of vulnerability assessment and climate change adaptation planning.