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Sujet polémique s’il en est, le thème de la race s’est imposé dansl’historiographie de la Révolution française et, plus globalement, dans celledes révolutions atlantiques du tournant des XVIIIe-XIX e siècles. Dans uneperspective postcoloniale, cet ouvrage introduit par Karine Rance et EricSaunier apporte une pierre au débat en montrant que la race, constructionsociale qui se transforme sous l’effet de la Révolution, est aussi une catégoriequi a joué un rôle moteur dans le processus révolutionnaire, dans l’Hexagonecomme dans les colonies.En réponse aux polémiques sur le bien-fondé de recherches axées sur cethème, Cécile Vidal le resitue d’emblée dans l’historiographie : lesapproches raciales se sont développées dès le début des années 1980, en lienavec le regain des études coloniales sur la Révolution française.Spécificité des enjeux révolutionnaires, la race questionne la citoyenneté etl’égalité face à la loi à l’heure où s’affirment la souveraineté populaire etl’universalisme des droits de l’homme. La généalogie pèse lourdement danscette perspective, et la couleur de peau croise la question du genre et de lasexualité, comme l’analysent Jennifer Palmer et Ian Coller.La question de la race met aussi la citoyenneté à l’épreuve de l’autre côté del’Atlantique, au Sénégal, comme le révèle l’étude de Guillaume Aubert. Lelivre s’achève par un regard nécessaire, porté par Manuel Covo, sur l’entréedu concept de race dans les travaux portant sur la Révolution dans la coloniede Saint-Domingue, où l’approche raciale s’est imposée.